Démarche artistique

Depuis mes débuts en 2010, j’ai souhaité traduire avec mon art ma sensibilité à la Terre et à la nature, ainsi que mon affinité avec des notions touchant au mystère, à l’invisible, à l’intemporalité, au divin. Après une dizaine d’années d’expression à l’acrylique principalement, je me suis formé en 2020 à de nouveaux médiums : les pigments et la tempera (peinture à l’œuf). J’ai dans le même temps commencé à créer mes propres pigments minéraux et organiques ; l’objectif étant d’obtenir une gamme de tons uniques, que les pigments commerciaux ne peuvent pas offrir ; les mélanges résultant de la rencontre entre les différents pigments sont par conséquents uniques aussi, ce qui me sert dans ma « quête » artistique majeure.

En effet, au fil du temps je constate que mon intention et mon moteur se concentrent de plus en plus sur les qualités vibratoires, fréquentielles et énergétiques de l’œuvre créée. Bien que la forme paysagée ne soit jamais loin, elle n’est pas le centre de mon attention. Ma volonté est, autant que possible, d'impacter les 4 plans de l'être du receveur : ses corps physique, émotionnel, psychique et spirituel. Qu'il reçoive quelque chose de subtil, d'impalpable, mais de bien réel. Qu'il se sente appelé à nouer avec l’œuvre un dialogue silencieux, une secrète intimité, une relation qui ne corresponde à rien de ce qu’il connaisse; qu’il ressente un mouvement intérieur. J’ai envie que le champ de son inconscient soit activé, afin que s’activent en lui impressions, sensations, sentiments et idéalement émotions.

Je tente aussi d’estomper les barrières du temps et de l’espace, pour donner une chance à l’expérience contemplative ou méditative d’advenir.

Depuis 2020, j’ai fait le choix de ne plus donner de titres à mes peintures, à l’instar d’un certain nombre de grands peintres abstraits. Juste une date de complétion ou de finition de l’oeuvre. De par leur nature, leur essence, et en raison du lien privilégié qu’elles sont supposées établir avec chaque receveur, il ne me semble plus justifié de limiter ou d’enfermer l’œuvre dans un titre.

 

​Fabien Ballif, mai 2022