Démarche artistique

 

Actuellement ma création présente deux « visages » : une partie figurative à l’huile, et une partie semi-figurative et abstraite avec les médiums pigments/tempera et acrylique. Mes intentions diffèrent légèrement selon  les genres.

En ce qui concerne ma peinture figurative, je m’appuie sur la nature et le paysage – éléments omniprésents dans ma vie depuis ma naissance – pour questionner notre rapport à la terre, notre rapport à l’espace, au temps, à notre dimension humaine. Je trouve que la nature et le paysage sont des miroirs pertinents, qui nous interrogent réellement sur notre manière d’être sur la terre. On trouve ainsi dans cette frange de mon travail des éléments que je qualifierais de symboliques, tels que les montagnes/les sommets (le sacré, la quête), l’ombre et la lumière, le plein et le vide (notre nature),  l’eau, la neige (le liquide, la matrice, la source de vie), la vastitude (l’espace de vie), l’habitation isolée (la solitude, le lien à soi, aux autres et aux éléments). L’univers du paysage et de la nature me semble aussi posséder des caractéristiques d’immuabilité et d’intemporalité, en opposition à notre condition humaine fragile, impermanente et mortelle.

Même si le fil rouge nature/paysage demeure présent en arrière-fond, ma création semi-figurative et abstraite s’intéresse plus à évoquer l’invisible et à toucher l’inconscient. A sonder le mystère du monde et de la vie, à essayer de mettre en forme ce qui ne se voit pas, l’imperceptible. J’aime ce qui nous échappe, ce qui n’est pas explicable. Pour ce pan de ma création, je porte plus mon attention sur  les couleurs, les formes, les harmonies, l’esthétique,  les jeux d’ombre et de lumière.  Je cherche plus à générer des impressions, des sensations, un lâcher-prise mental, un abandon ; peut-être que le but ultime est de susciter une émotion. 

 

Je crée une partie des pigments que j’utilise, à partir de pierres que je cherche dans la nature. Ainsi celle-ci se retrouve en quelque sorte directement incorporée à mes œuvres.

 

Fabien Ballif, avril 2021